• Shu S. Rockwell #2 (Prismver)

    « Shu... Ce... Tu... Que...

    - Et si tu finissais ta phrase ? Oh attends, je vais t'aider : "Shu mon amooour, tu peux m'expliquer ce que c'est que cet article ? Ce n'est pas toi qui l'a rédigé, hein ? Non, c'est impossible... Tu es bien trop gentille, honnête, douce, belle intelligente - et j'en passe - pour ça ! ... Hein ? ... »

    Elle regardait se défaire au fur et à mesure de son discours le visage de son interlocuteur. Illusions brisées. Quel naïf. Elle y prenait un malin plaisir, comme à chaque fois.

    « Quoi ? Tu pensais que j'étais à tes pieds ? Soumise ? Ensorcelée ? ... Amoureuse ? Ha, laisse-moi rire ! elle se pencha vers lui et susurra, Pour ta gouverne, les hommes ne m'intéressent pas.... Ceux dans ton genre, en tout cas. »

    Prudente. Shu, en tant que journaliste digne de ce nom, savait pertinemment que la moindre phrase, le moindre mot prononcé qui soit un tant soit peu désavantageux serait vite détourné de son sens initial et retourné contre elle. Alors, elle ne disait jamais la moindre chose pouvant être interprétée de travers. Ou sinon, elle les murmuraient quand elle ne pouvait s'en empêcher. Pour, comme dans le cas présent, pouvoir admirer le visage déconfit de sa victime.

    « Mais... Mais...

    - Quoi encore ? "Mais ces 'je t'aime', ces baisers langoureux ?" Bah mon pote, à ton avis ? Ce que tu tiens dans ta main explique tout, non ? Tu t'es fait avoir, en beauté en plus ~ »

    L'"affaire C.". Une histoire abracadabrante de tromperies et de poupées Barbie. Une affaire alléchante, mais Shu manquait d'informations. De photos. De détails croustillants. Tout ce qui pouvait faire passer une histoire de la case "Truc sans intérêt" à "Évènement du siècle". Alors, elle avait décidé de mener une petite enquête. D'obtenir des renseignements avec une enquête en immersion. Au plus proche de ses cibles. Et le meilleur moyen pour ça, c'était de se faire passer pour sa petite amie. Un naïf doublé d'un moulin à paroles. Il avait déjà tout raconté au bout d'une semaine.

    « Pff ! Tu croyais vraiment avoir réussi à m'apprivoiser, moi, Shu ? C'est sûr que ça a dû flatter ton égo. Tu pensais vraiment que j'allais garder tous mes secrets pour moi ? »

    Shu, garder un secret ? Ah, vous êtes mignons. Impossible. Elle raconte tout. Mais c'est une professionnelle : on enrobe le tout de spectaculaire et hop ! une rumeur sensationnelle, une !

    « Tu croyais que parce que "Môssieur" est en A j'allais me la fermer bien gentiment et te regarder avec de grands yeux admiratifs ? »

    A, B, C, D, E. Elle s'en fiche, elle. Il y a des affaires croustillantes dans toutes les classes. Enfin, la chose qu'elle préfère, c'est les relations inter-classes. Une A qui sort avec un E, c'est le must. Juste pour ça, elle refuse absolument l'abolition du système de classe.

    Elle, elle est en B. Elle maîtrise relativement bien son pouvoir, ça oui, et ça lui est bien pratique, mais pas que. Parce que faut pas croire, mais elle est intelligente, la Shu. Et cultivée. Elle connaît des choses plus compliquées que les tables de multiplications. Elle aime lire autre chose que de simples magazines de ragots écrits par des journalistes avec des sabots à la place des mains et un vocabulaire aussi limité qu'un lama unijambiste. Elle apprécie la vraie littérature, de temps en temps. C'est qu'elle tient à se distinguer de tous ses "con-frères" de bas-étage au Q.I. aussi élevé qu'une moule. Le seul truc dont elle a horreur, c'est la politique. Sauf quand il y a des scandales; et il y en a souvent.

    Bref, Shu, c'est surtout une "journaliste" auto-proclamée qui aime fouiner partout et qui est prête à tout pour avoir SON scoop. Avec un égo surdimensionné en plus. Et qui aime les raviolis.

    « T'es vraiment con. Mais bon, t'inquiète, à la prochaine affaire sensationnelle ce sera oublié. Probablement. »

    Se sentir coupable ? Certainement pas  Ils n'avaient qu'à pas commettre d'impairs. Et c'est son devoir, à elle SEULE, de les reporter au reste du monde - même si ledit monde s'en fiche complétement. 

    « Allez, à la revoyure pauvre tâche. » 


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