• Shu S. Rockwell #1 (Prismver)

    "A peine arrivée au pensionnat Prismver que je fis des ravages. Ma beauté, mon intelligence et mon élégance me valaient toutes les faveurs du monde. Mon surnom devint vite "La fille la plus raffinée du pensionnat". Et à peine arrivée que l'on me mis en garde contre elle. Elle, dont on ne sait pas grand-chose mais qui sait tout sur nous, de notre nom jusqu'à la couleur de nos chaussettes en passant par le surnom que l'on donnait à notre petit chien. Elle, qui avait anéanti la réputation d'une bonne centaine de personne en révélant quelque chose qu'absolument personne n'aurait jamais du savoir dans le journal du pensionnat. Parce que c'est elle qui s'en occupe, elle et elle toute seule. L'on raconte qu'elle est très reconnaissable, avec ses oreilles pointues, ses deux longues couettes brunes nouées par deux rubans violets, ses lentilles violettes et son uniforme violet. Sans oublier son téléphone portable, celui qui a fait le malheur de tant de personnes. Jaune, le portable. Mais elle arrive à se faire si discrète grâce à son pouvoir, que l'on ne s'aperçoit même pas qu'elle nous suit. Et quand bien même; pour notre plus grand malheur, elle est réputée pour être très douée en matière de déguisement et de filature.

    Enfin, ce ne sont que des rumeurs... … J'espère.

    « Mais une fille comme toi n'a rien à cacher, j'imagine, alors tu n'as rien à craindre ! » me dit une amie. 

    Haha, si tout pouvait être aussi rose... 

    Fin d'une énième journée de cours. Des amies me demandent de rentrer ensemble, mais je refuse. Un garçon me fait une déclaration. Encore un. Je l'envoie balader. Je ne veux pas gaspiller mon temps avec des gens pareils. Mon ventre gargouille. Je n'ai pas assez mangé ce midi. Mes camarades s'inquiètent, mais je les ai rassurés en leur disant que c'était pour mon régime. Ils m'ont regardée bizarrement mais tant pis. Au lieu de rentrer directement aux dortoirs, je fais un détour par le village, car il y a quelque chose que j'aimerais acheter. C'est l'automne, alors le sol est jonché de feuilles mortes. Il n'y a aucune autre personne dans les parages, c'est très silencieux. Les arbres continuent de perdre leurs feuilles, qui virevoltent au vent. J'aime beaucoup ce paysage, il m'apaise. Mais un frisson me parcourut, et pas à cause du froid. Tout d'un coup, je ressens une impression de mal-aise, comme si quelqu'un me suivait. Je me retourne, personne. L'allée est absolument vide, mais le regard me poursuit. On se serait cru dans un mauvais film d'horreur. J'ai peur. Je me mets à courir, mais ce sentiment continue.  Essoufflée, je finis par arriver en ville. Je m'arrête devant le magasin que je cherchais. Toujours apeurée, je regarde autour de moi. Des enfants jouent sur la place, emmitouflés dans leurs doudounes, un vieil homme avec une écharpe se repose près de la fontaine en face de moi, une femme dans un grand manteau en fourrure portant des sacs en plastiques sort de l'épicerie tandis qu'une autre, avec un chapeau cette fois, assise sur un banc, donne du pain aux pigeons. Ils sont tous habillés très chaudement, à cause du froid, et je ne distingue pas bien leur visage. Mais rien de suspect. Je pousse un soupir de soulagement et entre. Le magasin est pratiquement vide, il faut dire qu'à cette heure-là je dois bien être la seule à demander cela. Je commande ce que je veux, m'assois à une table, patiente un peu puis une fois servie je commence à mordre à pleines dents. *Clic*

    « Huhu~ Je vois d'ici les prochains titres: "La raffinée se met à la graisse !" »

    D'effroi, je lâche mon hamburger double-ration. Sur le seuil du café se tient la dernière personne au monde que je souhaitais voir, un téléphone jaune à la main. Elle était là, debout, arborant un sourire cruel et satisfait sur son visage. Shu Rockwell. Ma réputation est finie."


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